Nouveaux champs, nouveaux outils, nouveaux acteurs... la communication publique évolue sans cesse. Mais est-elle vraiment à la hauteur des enjeux qui se posent aujourd'hui ?
Libérer la communication publique des préjugés
La très grande majorité des citoyens ne fait pas la différence entre la communication publique et la communication politique : à ses yeux, la communication des institutions publiques est politique. Si les citoyens l'assimilent souvent à de la "propagande", c'est que, pendant longtemps, la communication publique a été très partisane... et l'est encore parfois.
Nous tous - communicants publics, serviteurs de l'Etat - nous devons prendre conscience de notre rôle essentiel dans le débat public et refuser toute instrumentalisation politique. Nous tous, nous devons au quotidien mettre en œuvre une communication objective, crédible et responsable. Nous tous, nous devons donner la possibilité à chaque citoyen, sans distinction, d'être écouté et n'avoir qu'un seul objectif : servir l'intérêt général.
Des questions se posent : comment faire en sorte que tous les citoyens soient informés ? Comment faire en sorte qu'ils puissent tous s'exprimer ? Comment faire en sorte que tous les avis soient pris en compte, respectés ?
Reconstruire une image positive des institutions publiques
" Tous pourris ! " Ces derniers temps, l'image des institutions publiques, qui se confond avec celle des personnalités politiques qui les dirigent, est attaquée, menacée, voire dégradée. La communication institutionnelle doit donc évoluer, se développer, se moderniser. Mieux communiquer sur les missions et le fonctionnement des institutions publiques, c'est un enjeu démocratique !
Ne faudrait-il pas effectuer une veille professionnelle des médias traditionnels, du web et des réseaux sociaux, pour savoir comment l'institution est perçue et anticiper les crises ?
Ne faudrait-il pas développer de nouveaux outils de communication et mieux éditorialiser les contenus afin de transmettre une information enrichie, contrebalançant celle diffusée par les médias ?
Ne faudrait-il pas mettre en œuvre de nouvelles actions de communication événementielle permettant aux citoyens de mieux connaître les institutions ?
Ne faudrait-il pas professionnaliser davantage la communication interne et prendre conscience de son importance ?
Ne faudrait-il pas respecter davantage les propositions et les réalisations des agences de communication, effectuer avec elles un travail plus collectif et régler leurs prestations plus rapidement ?
Ne faudrait-il pas réfléchir à la création de marques publiques afin notamment de communiquer différemment vers les cibles méfiantes vis-à-vis des institutions et sur les réseaux sociaux ?
Ne faudrait-il pas concevoir des stratégies de communication virale qui, quand elle est bien faite, est très efficace et peu coûteuse ?
Ne faudrait-il pas généraliser et rendre publique l'évaluation des actions de communication, tant en matière de coûts que d'efficacité ?
Replacer l'Homme au cœur de la communication publique
Que ce soit les citoyens, les agents publics ou les communicants, la communication publique ne les valorise pas assez.
Les citoyens sont encore trop souvent perçus comme des cibles de communication et non comme des acteurs à part entière. Nous devons pourtant œuvrer ensemble, de concert, en bonne intelligence. Que serait la communication publique sans les citoyens ?
Par ailleurs, nous devons tous être conscients que la communication publique est observée, analysée et jugée par les citoyens. Il est donc nécessaire que chacun se sente représenté lorsque nous communiquons et mettons en valeur des citoyens ou des agents publics.
Enfin, en interne, le travail des communicants publics - à commencer par celui des graphistes - devrait être davantage reconnu ; les communicants devraient pouvoir présenter leurs travaux aux responsables politiques et administratifs ou, au moins, assister à la présentation ; leur progression de carrière devrait découler de la formation, des compétences et du mérite de chacun et non pas de critères obscurs, qui ne sont pas dignes de la République.